African Energy Chamber

Le secteur pétrolier et gazier offshore émergent de la Namibie passe rapidement d’une histoire de découvertes géologiques à celle de la mise en œuvre industrielle, de la préparation institutionnelle et de la transformation économique nationale. Alors que le pays se dirige vers sa première production de pétrole d’ici 2030, la question centrale n’est plus de savoir ce qui se cache sous ses bassins offshore, mais dans quelle mesure la Namibie peut convertir efficacement ses ressources en valeur locale durable, en emplois et en capacité industrielle tout au long de la chaîne de valeur énergétique.

Dans le cadre des efforts visant à garantir que le boom actuel du pétrole et du gaz se traduise par des opportunités économiques pour les Namibiens, le pays a déjà commencé à prendre des mesures pour mettre en œuvre des politiques garantissant que les projets se traduisent par des emplois, des investissements et des contrats. En tant que porte-parole du secteur énergétique africain, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) soutient l’attention accrue portée par la Namibie au développement du potentiel local, soulignant que des cadres politiques solides doivent s’accompagner d’institutions tout aussi robustes, capables de les mettre en œuvre.

Alors que la Namibie affine son environnement réglementaire en amont, la Chambre souligne l’importance d’une exécution coordonnée des politiques, du développement des compétences et du renforcement institutionnel pour garantir que les entreprises locales puissent participer activement à l’expansion énergétique du pays et en tirer profit. La mise en place d’institutions locales résilientes sera essentielle pour traduire les ambitions politiques en résultats économiques mesurables.

« Grâce à des cadres solides en matière de potentiel local, l’industrie pétrolière et gazière namibienne pourrait devenir un moteur économique stratégique. Le pays a l’opportunité de mettre en place des institutions qui autonomisent sa population, développent des industries locales compétitives et garantissent que la valeur reste au sein du pays. C’est ainsi que l’on transforme la découverte d’une ressource en un moteur économique national », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.

La Namibie a déjà pris des mesures clés pour améliorer ses cadres en matière de potentiel local. Le gouvernement namibien a approuvé fin 2024 la Politique nationale du potentiel local en amont, visant à renforcer la souveraineté économique et à autonomiser les Namibiens au sein de l’industrie pétrolière et gazière du pays. Cette politique est conçue pour concilier les intérêts des parties prenantes locales avec les besoins des compagnies pétrolières internationales, en offrant un cadre permettant de faire évoluer le secteur d’un modèle purement extractif vers un modèle intégrant la participation nationale dans les achats, les services et les opérations techniques.

Des plateformes telles que la Conférence internationale sur l’énergie de Namibie (NIEC) – qui a eu lieu la semaine dernière à Windhoek – ont également mis le potentiel local au premier plan. Une série de tables rondes a abordé le thème du développement du potentiel local, réunissant des leaders du secteur et des prestataires de services locaux pour évaluer comment les politiques de potentiel local se traduisent, de l’intention réglementaire aux résultats concrets sur le terrain. L’événement a fait émerger une réalité commune : la transformation du secteur amont namibien ne repose plus sur le potentiel de découverte, mais se concentre désormais sur l’exécution, la préparation et la participation locale à grande échelle.

La NIEC a donné lieu à plusieurs discussions sur le potentiel local, les parties prenantes soulignant les mesures clés prises par la Namibie pour renforcer cette participation. L’environnement politique – renforcé par les réformes législatives en cours dans le secteur pétrolier et une structure réglementaire plus centralisée – a été largement considéré par les participants comme un fondement nécessaire plutôt que comme une fin en soi. L’accent est désormais mis sur la capacité de mise en œuvre : les entreprises namibiennes sont-elles capables de répondre aux normes offshore, de se développer rapidement et de s’intégrer dans des chaînes d’approvisionnement mondiales complexes ?

Gideon Tshomokuti, fondateur et directeur général de Benguela Petroleum Supplies, a souligné que pour que les découvertes pétrolières et gazières de la Namibie transforment véritablement le pays, celui-ci doit aller au-delà d’une simple représentation et s’orienter vers un modèle où le transfert de compétences et l’appropriation locale deviennent les fondements de notre indépendance énergétique. Jamilla Jacobs, associée gérante de Greenwood Supply Services Namibia, a fait écho à ces remarques, affirmant que le potentiel local doit devenir la pierre angulaire de la stratégie industrielle nationale du pays.

Les ateliers – notamment le programme Legacy Leaders de RichAfrica Consultancy –, les programmes de certification et les journées des fournisseurs ont été mis en avant comme des mécanismes essentiels pour combler le fossé entre les exigences des compagnies pétrolières internationales et l’état de préparation des PME nationales. Cependant, les participants ont également souligné que la coordination entre les institutions reste essentielle pour éviter la fragmentation et les doublons.

En fin de compte, le consensus était clair : les opportunités offshore de la Namibie dépendront bien moins de l’ampleur de ses découvertes que de la rapidité et de la rigueur avec lesquelles elle développera les capacités nationales autour de celles-ci. Dans un contexte mondial où la course aux capitaux et aux investissements énergétiques s’intensifie, il a été convenu que la compétitivité de la Namibie reposera sur un résultat simple : faire des hydrocarbures un moteur durable de croissance industrielle inclusive.

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