- Le conseil d’administration du Fonds monétaire international a achevé les troisième et quatrième revues conjointes de l’accord conclu avec le Togo au titre de la facilité élargie de crédit (FEC), ouvrant ainsi la voie à un décaissement immédiat équivalant à 80,74 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) (soit environ 109,5 millions de dollars).
- La mise en œuvre du programme appuyé par l’accord au titre de la FEC a été globalement satisfaisante. La plupart des critères de réalisation quantitatifs définis pour la période des revues ont été respectés et les réformes structurelles avancent à un rythme soutenu, la plupart des repères structurels ayant été observés.
- La principale priorité à court terme consiste à trouver le juste équilibre entre la maîtrise des tensions budgétaires issues du choc des prix de l’énergie et la protection des couches de population les plus vulnérables. La poursuite des réformes structurelles destinées à corriger les faiblesses du secteur des entreprises publiques, à renforcer le secteur financier et à améliorer la gouvernance et le climat des affaires permettra de soutenir la compétitivité, l’investissement et la croissance inclusive à moyen terme.
Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les troisième et quatrième revues conjointes de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) avec le Togo. L’achèvement des revues ouvre la voie au décaissement immédiat de l’équivalent de 80,74 millions de DTS (soit environ 109,5 millions de dollars), portant le total des décaissements au titre de l’accord à 220,2 millions de DTS (soit environ 298,63 millions de dollars). En achevant les revues, le conseil d’administration a approuvé les dérogations pour non-observation du critère de performance quantitatif (CPQ) relatif au plafond du financement intérieur net et des CPQ continus relatifs au plafond des nouveaux emprunts extérieurs et à la non- accumulation d’arriérés extérieurs, compte tenu de la nature mineure et provisoire des écarts, eux-mêmes imputables à des retards dans les décaissements extérieurs, à des contraintes administratives et à l’évolution des conditions de financement.
Le Togo a entrepris un programme de réformes économiques pour s’attaquer aux séquelles de la pandémie de COVID-19 et au renchérissement des prix mondiaux des denrées alimentaires et de l’énergie, tout en jetant les bases d’une croissance vigoureuse et plus inclusive. Le programme prévoit des politiques destinées à renforcer la viabilité des finances publiques et de la dette, à protéger les populations pauvres et vulnérables, à corriger les facteurs de vulnérabilité du secteur bancaire, à rendre la croissance plus inclusive et à améliorer le dispositif de gouvernance. Ces politiques bénéficient de l’appui de l’accord au titre de la FEC, approuvé par le conseil d’administration en mars 2024 pour un montant équivalant à 293,6 millions de DTS (soit approximativement 403,4 millions de dollars).
L’économie togolaise a continué de faire preuve de résilience malgré une conjoncture mondiale et nationale difficile. Le PIB réel a connu une croissance d’environ 6 % en 2025, impulsée par les services, tandis que l’inflation a enregistré un repli. La croissance devrait se modérer de manière temporaire en 2026 et l’inflation devrait accuser une hausse, principalement en raison des retombées de l’aggravation des tensions géopolitiques, et notamment de la guerre au Moyen-Orient. Les perspectives de croissance à moyen terme sont subordonnées à de nouveaux progrès dans les réformes structurelles. Les risques demeurent élevés en raison de l’insécurité régionale, des tensions géopolitiques, des chocs climatiques et de la volatilité des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, sur fond de persistance des vulnérabilités financières et extérieures.
La mise en œuvre du programme appuyé par l’accord au titre de la FEC a été globalement satisfaisante. La plupart des CPQ définis pour la période des revues ont été respectés et les progrès ont été solides sur le front des réformes structurelles. Depuis l’achèvement de la deuxième revue, sept des huit réformes structurelles ont été exécutées, notamment les mesures visant à renforcer la gestion des finances publiques, la transparence budgétaire et la supervision des entreprises publiques. Les objectifs en matière de dépenses sociales et en faveur des pauvres ont été atteints, ce qui souligne l’engagement des autorités à protéger les populations vulnérables.
À l’issue des délibérations du conseil d’administration sur le Togo, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration suivante[1] :
“Malgré un contexte régional extérieur difficile, les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC sont globalement satisfaisants. L’économie a résisté aux chocs qui se sont succédé et les perspectives demeurent généralement favorables. Cependant, ces perspectives sont assombries par d’importants risques de ralentissement, notamment des menaces persistantes sur la sécurité, les tensions géopolitiques et la volatilité des prix des produits de base. Par conséquent, il est essentiel de maintenir la dynamique du rééquilibrage budgétaire, de remédier de manière résolue aux facteurs de vulnérabilité du secteur financier et de faire avancer les réformes structurelles et de gouvernance afin de parvenir à une croissance durable et inclusive.
La poursuite de l’assainissement des finances publiques reste indispensable pour préserver la viabilité de la dette et revenir à l’objectif de convergence de l’UEMOA en matière de déficit budgétaire. À court terme, les mesures budgétaires prises pour faire face au choc lié aux prix des carburants sont appropriées, notamment le creusement temporaire du déficit en 2026 pour apporter un soutien aux groupes vulnérables. Les réformes en cours de la politique et de l’administration fiscales, notamment les dispositions visant à réduire les dépenses fiscales et à élargir l’assiette de l’impôt, devraient être adoptées sans délai afin d’accroître la mobilisation des recettes intérieures. Il est primordial d’améliorer l’efficacité des dépenses et de maintenir une stratégie prudente de gestion de la dette, mais des efforts soutenus seront nécessaires pour préserver les dépenses sociales et celles en faveur des plus démunis, tout en maîtrisant les risques budgétaires liés aux chocs des prix de l’énergie, aux insuffisances de recettes et aux entreprises publiques.
Des mesures rapides et décisives s’imposent pour remédier aux vulnérabilités du secteur bancaire. Le lancement de l’évaluation indépendante de la qualité des actifs de l’établissement financier en difficulté constitue une étape importante. Il est urgent de procéder à une analyse rapide des risques et des facteurs de vulnérabilité, suivie de la définition d’une stratégie réaliste qui préserve la stabilité financière, garantit la transparence et limite les coûts budgétaires.
Les réformes structurelles devraient rester axées sur les domaines essentiels au soutien de la croissance et à la réduction des risques budgétaires. Parmi les priorités figurent le renforcement de la gouvernance et de la viabilité financière du secteur de l’électricité, en particulier pour la compagnie d’électricité publique, ainsi que l’amélioration des rapports budgétaires, de la transparence de la dette et du contrôle des entreprises publiques. Les réformes de la gouvernance, y compris l’affermissement des dispositifs de lutte contre la corruption, le programme d’évaluation diagnostique de la gouvernance, ainsi que l’amélioration de l’efficacité et du contrôle du cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), restent essentielles pour favoriser un environnement des affaires plus propice.”
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