African Energy Chamber

Le Cameroun et la Guinée équatoriale ont signé un accord d’unitisation pour exploiter conjointement les gisements gaziers transfrontaliers de Yoyo-Yolanda, marquant ainsi une étape décisive vers l’accélération de la monétisation du gaz dans le golfe de Guinée, longtemps retardée. S’inscrivant dans le cadre plus large du Gas Mega Hub (GMH) – une initiative menée par la Guinée équatoriale pour monétiser les réserves de gaz bloquées – cet accord renforce la coopération transfrontalière à un moment où le GMH montre des signes de reprise.  

En tant que porte-parole du secteur énergétique africain, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) soutient fermement cette avancée majeure, qu’elle considère comme un signal clair indiquant que les deux pays passent rapidement de la phase de négociation à celle d’exécution. À mesure que le projet avance, la Chambre a appelé à maintenir l’urgence, à rationaliser les procédures d’approbation et à coordonner le développement des infrastructures afin de préserver la confiance des investisseurs et de libérer tout le potentiel économique du projet Yoyo-Yolanda.

Un message clair aux investisseurs : priorité à l’exécution, à l’urgence et aux infrastructures

Avec ses réserves de gaz naturel estimées à 2,5 billions de pieds cubes (tcf), le projet Yoyo-Yolanda fait partie intégrante du GMH et permet de monétiser les ressources gazières de deux champs stratégiques. Les opérateurs Noble Energy Cameroon et Noble Energy Equatorial Guinea, deux filiales de Chevron, ont réaffirmé leur engagement total envers le projet. Jim Swartz, président-directeur général de Chevron Nigeria et de la région Afrique centrale, a souligné que le projet est au cœur de la stratégie de Chevron visant à soutenir l’approvisionnement à long terme en GNL et à tirer parti des infrastructures existantes à Alen et Punta Europa.

Pour l’AEC, cet accord envoie un signal fort aux investisseurs internationaux, leur indiquant que le Cameroun et la Guinée équatoriale sont alignés, solvables et déterminés à accélérer le développement du gaz. La Chambre a appelé les deux gouvernements à accélérer les décisions finales d’investissement, l’ingénierie et le déploiement des infrastructures, tout en mettant en œuvre des politiques et des incitations ciblées pour maintenir la dynamique.

L’AEC a également exhorté le Cameroun et la Guinée équatoriale à s’inspirer des meilleures pratiques éprouvées issues de développements gaziers transfrontaliers réussis, notamment le projet Greater Tortue Ahmeyim entre le Sénégal et la Mauritanie, ainsi que les accords antérieurs relatifs au méga-hub gazier impliquant le Nigeria et le Cameroun, afin de réduire les risques d’exécution et de raccourcir les délais de mise sur le marché.

« La Chambre se félicite de l’accord visant à unifier Yoyo-Yolanda. Il reste peu de temps pour monétiser les ressources gazières africaines avant que la dynamique du marché mondial ne change – il n’est pas question de retarder les choses. Les gouvernements doivent éliminer les formalités administratives, accélérer l’exécution et tirer parti des infrastructures existantes pour maintenir la confiance des investisseurs », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.

La stratégie du méga-hub gazier prend de l’ampleur

Pour la Guinée équatoriale, Yoyo-Yolanda est la pierre angulaire de la stratégie GMH du pays, qui vise à positionner la nation comme une plaque tournante régionale pour le traitement et la monétisation du gaz. Le projet renforce la volonté de la Guinée équatoriale de commercialiser ses 1,5 tcf de réserves de gaz nationales afin de soutenir la sécurité énergétique, l’industrialisation et la croissance des exportations.

La dynamique derrière le GMH s’est poursuivie jusqu’en 2026. Tout récemment, la compagnie pétrolière nationale GEPetrol a augmenté sa participation dans le projet gazier Aseng de 5 % à 32,55 %, à la suite de la signature d’un accord-cadre avec Chevron pour financer cette augmentation. Cette transaction renforce la participation nationale dans les actifs gaziers en amont tout en accélérant la disponibilité des matières premières pour le complexe GNL de Punta Europa, renforçant ainsi l’approche de la GMH axée sur les infrastructures pour accélérer la monétisation du gaz.

Cette transaction fait suite à une lettre d’intention signée en 2023 par Noble Energy pour fournir du gaz provenant du champ onshore d’Aseng. Plus récemment, les contrats de partage de production signés avec Panoro Energy et Africa Oil Corporation soulignent encore davantage l’engagement de la Guinée équatoriale à augmenter la production de gaz et à garantir un débit à long terme pour le GMH.

Pour le Cameroun, le projet Yoyo-Yolanda soutient les objectifs d’accès universel à l’énergie du pays pour 2035, notamment en élargissant l’accès au GPL, au biogaz et à l’électricité, tout en augmentant les recettes d’exportation. Au-delà des revenus énergétiques, Yoyo-Yolanda devrait générer des retombées socio-économiques plus larges. L’accélération du développement permettra d’accroître le potentiel local, de renforcer le développement de la main-d’œuvre et d’ouvrir la voie à de nouvelles campagnes d’exploration dans le golfe de Guinée, renforçant ainsi la position de la région en tant que nouvelle frontière pour les investissements dans le gaz.

Transformer les projets bloqués en développements réalisables

Maintenant que Yoyo-Yolanda est unifié, l’accent est mis sur l’exécution. Il y a une fenêtre étroite pour monétiser les ressources gazières avant que la dynamique du marché mondial n’évolue, ce qui rend la rapidité et la coordination essentielles. Des autorisations accélérées, des processus transfrontaliers rationalisés et une gestion de projet décisive seront essentiels pour maintenir l’élan et la confiance des investisseurs.

Il sera tout aussi important de tirer parti des infrastructures régionales existantes. En utilisant des installations de traitement et d’exportation déjà en place, telles que Punta Europa, la Guinée équatoriale et le Cameroun peuvent réduire leurs coûts d’exploitation, raccourcir les délais de développement et accélérer la mise sur le marché du gaz. Pour les investisseurs, les progrès rapides réalisés sur le projet Yoyo-Yolanda enverront un signal clair indiquant que les deux pays sont alignés, axés sur le commerce et ouverts aux affaires.

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