Le captage et le stockage du carbone (CSC) s’impose comme un outil potentiel permettant à l’Afrique de réduire les émissions des infrastructures pétrolières et gazières existantes, tout en préservant la valeur de ses actifs et en ouvrant de nouvelles opportunités d’investissement. Le rôle de cette technologie fera l’objet de discussions lors de l’African Energy Week (AEW) 2026, dans le cadre du forum « Energy Additions ».
La table ronde consacrée à ce thème, intitulée « Captage et stockage du carbone : transformer les actifs pétroliers et gaziers de l’Afrique en solutions climatiques », examinera comment les technologies de gestion du carbone peuvent favoriser une production d’hydrocarbures à faibles émissions, prolonger la durée de vie économique des infrastructures existantes et créer de nouvelles opportunités commerciales dans l’ensemble du secteur énergétique.
Cette opportunité s’étend à l’ensemble des infrastructures géologiques et industrielles existantes du continent. Les gisements de pétrole et de gaz épuisés d’Afrique du Nord, de l’Ouest et du Sud pourraient servir de sites de stockage permanent du carbone, tandis que les pipelines, les installations de traitement et les sites industriels déjà en place pourraient constituer les fondements de pôles régionaux de décarbonisation.
Les opportunités d’investissement s’étendent à l’ensemble de la chaîne de valeur de la gestion du carbone. Les installations de captage situées dans les raffineries, les centrales électriques et les sites industriels pourraient être raccordées à des réseaux communs de pipelines et de transport avant d’acheminer le CO₂ vers des aquifères salins ou des gisements épuisés. Le développement de ces infrastructures pourrait donner naissance à de nouvelles entreprises au service de multiples émetteurs, tout en générant des revenus à long terme liés au transport et au stockage.
Le CCUS (captage, stockage et utilisation du carbone) pourrait également créer de la valeur ajoutée à partir des ressources en gaz naturel de l’Afrique. L’adaptation des installations de production d’hydrogène pour y intégrer le captage du carbone pourrait favoriser l’hydrogène bleu, tandis que le carbone capté pourrait potentiellement servir de matière première pour des produits chimiques industriels, des matériaux de construction et des carburants synthétiques. Ces applications pourraient élargir l’intérêt commercial de la gestion du carbone au-delà du stockage souterrain permanent.
Les cadres politiques et ceux du marché du carbone seront essentiels pour permettre à ces projets d’atteindre une échelle suffisante. Le Nigeria met en place une architecture plus structurée du marché du carbone, grâce à son Cadre national du marché du carbone et à sa Politique d’activation du marché du carbone, qui établissent des mécanismes d’enregistrement des projets, de transferts internationaux de crédits carbone et d’ajustements correspondants. La taxe carbone et les mécanismes d’échange de quotas d’émissions prévus pourraient fournir des incitations supplémentaires aux industries à fortes émissions pour qu’elles adoptent des technologies de gestion du carbone.
L’Afrique du Sud passe elle aussi de la recherche géologique à des applications commerciales du CCUS. Le projet pilote Leandra, dans la province du Mpumalanga, a permis d’approfondir la compréhension des formations salines profondes, tandis que la collaboration entre le Conseil des géosciences et Sasol examine les possibilités de capturer et de stocker les émissions industrielles, et éventuellement de convertir le carbone capturé en produits commercialement utiles.
Partout sur le continent, des projets émergents illustrent la diversité des approches possibles. Le Kenya explore la minéralisation du basalte, processus au cours duquel le dioxyde de carbone injecté réagit avec la roche volcanique et se minéralise de manière permanente, tandis que le Nigeria continue de développer sa base de connaissances en matière de stockage du carbone et que l’Afrique du Sud évalue d’autres bassins terrestres et offshore.
Pour les producteurs africains de pétrole et de gaz, le développement d’infrastructures de CSC pourrait à terme offrir une voie pour traiter les émissions provenant des actifs existants tout en créant de nouvelles industries autour du transport, du stockage et de la valorisation du carbone. L’ampleur et la viabilité commerciale de cette opportunité dépendront toutefois des investissements, des cadres politiques, des infrastructures et de la coopération transfrontalière.
« Le CSC offre à l’Afrique une voie concrète pour réduire ses émissions tout en continuant à exploiter ses ressources pétrolières et gazières. Avec des investissements et des cadres politiques adaptés, nous pouvons transformer nos ressources géologiques et nos infrastructures existantes en une nouvelle industrie de gestion du carbone qui crée des emplois, attire des capitaux et permet de conserver davantage de valeur sur le continent », déclare NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber.
Distribué par APO Group pour African Energy Chamber.



