La cinquième édition du Rapport sur le financement du commerce de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) brosse le portrait d’institutions financières africaines résilientes dans les années qui ont suivi la pandémie de Covid-19, en dépit d’un contexte mondial difficile.
Le rapport 2025, qui fournit une évaluation actualisée du paysage du financement du commerce en Afrique sur la période 2020-2024 à la suite de la pandémie de Covid-19, a été publié mercredi durant les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque, à Brazzaville, en République du Congo.
Ce rapport examine le financement du commerce sous l’angle de l’intermédiation bancaire, comblant d’importantes lacunes en matière de connaissances et introduisant de nouvelles dimensions, telles que la numérisation et la durabilité environnementale. Il quantifie également, pour la première fois, la contribution des institutions de financement du développement (IFD) au financement du commerce sur le continent.
Lors de la présentation du rapport, Anthony Simpasa, directeur du Département de la politique macroéconomique, des prévisions et de la recherche du Groupe de la Banque africaine de développement, a déclaré que la demande non satisfaite en matière de financement du commerce avait diminué de près de 10 % entre 2019 et 2024, grâce aux fortes interventions des banques multilatérales de développement, des gouvernements, des agences de crédit à l’exportation et des banques internationales. Ces interventions ont été essentielles au maintien des flux commerciaux, les estimations suggérant qu’en l’absence de soutien des IFD, le déficit annuel de financement du commerce aurait pu dépasser 100 milliards de dollars entre 2020 et 2024.
« La résurgence des tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement et des flux commerciaux mondiaux pourraient anéantir les progrès réalisés depuis la pandémie en matière de réduction du déficit de financement du commerce, a averti M. Simpasa. Par exemple, une baisse de l’appétit pour le risque des correspondants bancaires pourrait creuser ce déficit pour le porter entre 86,6 et 102,6 milliards de dollars d’ici à 2027, dans un scénario allant de modéré à sévère. Cela représente une hausse d’au moins 17,7 % par rapport au niveau de 2024, ce qui pourrait effacer une décennie de progrès. »
Le lancement officiel du rapport a réuni des responsables politiques, des dirigeants du secteur privé, des institutions de financement du développement (IFD), des institutions financières et des experts en financement du commerce de tout le continent.
Quelques points saillants du rapport :
- En 2024, la demande non satisfaite en matière de financement du commerce en Afrique se situait entre 74 et 92 milliards de dollars. Le déficit estimé à 74 milliards de dollars représente 5,4 % de la valeur totale des échanges de marchandises de la région en 2024.
- Le commerce africain reste insuffisamment desservi par les banques commerciales. Au cours des cinq années couvertes par l’étude, les banques commerciales ont financé en moyenne 23 % du commerce total de l’Afrique, contre 40 % entre 2011 et 2019.
- Entre 2020 et 2024, le commerce intra-africain a représenté 34 % du commerce total financé par les banques, soit une hausse de 89 % par rapport aux niveaux d’avant la pandémie (2011-2019).
- La pénurie de liquidités en devises étrangères est devenue le principal obstacle limitant la croissance des banques dans le domaine du financement du commerce. Environ 36 % des banques ont cité la liquidité limitée en devises étrangères comme principal frein à la croissance de leurs activités de financement du commerce entre 2020 et 2024, contre 18 % sur la période 2015-2019.
- L’adoption de solutions numériques de financement du commerce par les banques reste faible, principalement en raison des coûts de mise en œuvre élevés et d’une infrastructure technologique inadéquate. Seules 28 % des banques interrogées ont déclaré avoir adopté des outils ou des plateformes numériques pour leurs opérations de financement du commerce.
Lors d’une brève table ronde qui a suivi le lancement du rapport, Didier Acouetey, conseiller principal pour le secteur privé du président de la Banque africaine de développement, Dr Sidi Ould Tah, Francisca Tatchouop Belobe, commissaire au développement économique, au commerce, au tourisme, à l’industrie et aux minéraux de la Commission de l’Union africaine, Admassu Tadesse, président et directeur général du groupe Trade and Development Bank, et Mehdi Tanani, directeur régional pour l’Afrique centrale de Proparco, ont échangé sur les conclusions du rapport, notant les opportunités et défis liés au développement d’un financement du commerce durable par l’intermédiaire des banques en Afrique.
Bien que le financement du commerce reste un obstacle majeur pour la plupart des pays africains, des innovations prometteuses gagnent du terrain, telles que la numérisation, les garanties et les initiatives de gestion d’actifs visant à élargir la classe d’actifs du financement du commerce et les offres connexes sur le marché, a souligné M. Tadesse. « Il convient de poursuivre sur cette voie par le biais de nouvelles initiatives systémiques, comme la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) et des mesures connexes, comme la réduction des risques et des partenariats judicieux, qui devraient multiplier l’impact des capitaux africains et débloquer davantage de capitaux mondiaux », a-t-il déclaré.
« La NAFAD nous offre, pour la première fois, un cadre continental cohérent pour combler le déficit de financement du commerce, non pas projet par projet, mais de manière systémique. C’est ce changement qui va tout transformer pour les PME africaines », a soutenu M. Acouetey.
Mme Belobe a appelé à éliminer le maillon manquant (« missing middle ») dans le secteur bancaire africain. « Les PME sont trop grandes pour la microfinance, trop petites pour la banque d’affaires, mais bien trop importantes sur le plan commercial pour être exclues du système de financement du commerce. Il est temps que les banques commerciales traitent le financement du commerce des PME comme un secteur d’activité à part entière et central, et non comme une activité secondaire », a-t-elle appelé.
« L’Afrique ne comblera pas son déficit de financement du commerce en ajoutant des contraintes, mais en construisant un écosystème de financement du commerce plus résilient, plus numérique et plus durable, un écosystème qui protège les PME contre les chocs mondiaux tout en accélérant l’intégration économique du continent », a affirmé M. Tanani.
La Banque africaine de développement et d’autres institutions de financement du développement (IFD) ont joué un rôle significatif dans la réduction du déficit de financement du commerce en Afrique. Ces IFD ont facilité environ 32 milliards de dollars de financement du commerce par an entre 2020 et 2024, ce qui représente en moyenne environ 3 % du commerce total de marchandises de l’Afrique sur la même période.
Le programme de financement du commerce de la Banque africaine de développement a été créé en 2013, avec une première enquête menée en 2014. Depuis 2014, la Banque a produit quatre enquêtes périodiques, dont deux rapports spécifiques au Kenya et à la Tanzanie.
Cliquez sur ce lien (http://apo-opa.co/3S9kjP9) pour lire l’intégralité du rapport.
Distribué par APO Group pour African Development Bank Group (AfDB).
Note de l’éditeur :
Une version antérieure de ce communiqué de presse, publiée le 27 mai 2026, indiquait par erreur « une hausse de 89 points de pourcentage » dans le sous-titre, au lieu de 89 pour cent.
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Amba Mpoke-Bigg
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