GRAND ANGLE

Entretien avec Arthur Yao, Directeur régional de la souscription et de la réassurance d’Allianz Africa

« L’impact sur la rentabilité a été défavorable au niveau régional »

La pandémie de Covid-19 a eu des effets négatifs pour plusieurs  compagnies  d’assurances.  Quelles  sont  les branches les plus impactées chez Allianz Africa ?

Comme vous le savez, le sort de l’assurance est intimement lié à l’évolution de l’activité économique. En 2020, cette dernière a connu une contraction importante due au Covid-19. Les effets se sont également ressentis sur le secteur de l’assurance. Pour Allianz Africa, les branches les plus touchées sont l’automobile, le transport et la construction. L’automobile étant la plus touchée dans la mesure où certains assurés en Flotte ont considérablement réduit leurs couvertures à la Responsabilité civile minimum obligatoire, réalisant ainsi des économies de budget sur les garanties facultatives.

Vous êtes présents dans une dizaine de pays en Afrique. Peut-on avoir une idée sur les conséquences de la pandémie sur vos chiffres d’affaires au niveau régional ?

Sur les différents marchés dans lesquels nous opérons, nous avons constaté une forte volatilité de cet impact entre les différentes branches d’activité avec une variation du chiffre d’affaires entre -25% et + 40% par rapport à l’année précédente. Au niveau régional, nous avons enregistré une croissance de plus de 2% par rapport à l’année précédente au cours des 9 premiers mois de l’année. Nous pensons que cela est dû à la force de notre marque et à notre capacité à accompagner nos clients, particulièrement dans les moments difficiles. En termes de rentabilité, l’impact a été ressenti différemment dans chaque pays, en fonction de la gravité de la situation pandémique.

De manière globale, l’impact sur la rentabilité a été défavorable au niveau de la région. Malgré ces défis et ces circonstances exceptionnelles, nos clients demeurent au centre de notre attention. Toutes les mesures ont été ainsi prises afin d’offrir la meilleure expérience à nos clients. De plus, en tant qu’Allianz Africa, nous avons lancé une initiative panafricaine à travers laquelle nous avons octroyé des dons (kits de test, fournitures médicales directement livrées aux établissements se soins) afin de soutenir les efforts contre le covid-19 au niveau des pays africains où nous opérons.

Avez-vous mis en place une stratégie pour supporter ces coûts et limiter leurs impacts sur votre trésorerie ?

En tant qu’opérateur panafricain, nous devions mettre en place une stratégie en ligne avec celle de notre groupe sans toutefois renoncer aux spécificités de chaque pays. Pour ce faire, nous avons renforcé nos processus de planification de la liquidité afin de faire face aux difficultés de trésorerie. Avec l’aide de nos filiales, nous avons également identifié tous les leviers de contrôle à notre portée, ce qui nous a permis d’éviter les dépenses inutiles, tout en veillant au bien-être de nos collaborateurs et partenaires.

Quelles  ont  les  mesures phares mises en place par Allianz Africa au profit de ses assurés ?

Etant donné que nous faisons partie d’un groupe international, il était important d’aligner nos mesures sur la stratégie globale de gestion de la crise telle que définie par le groupe. Ainsi, divers groupes de travail ont planché sur la question des mesures en faveur des assurés, en veillant à remplir toutes nos obligations contractuelles tout en garantissant un service de qualité à nos clients, malgré cette crise sanitaire.  Ainsi, et grâce aux investissements soutenus que nous avons opérés au niveau de nos systèmes d’information, nous avons été en mesure de mettre en place le télétravail dans nos filiales afin de permettre la continuité du service.

A l’échelle de certaines entités, nous avons mis en place des actions ciblées, notamment en assurance automobile, avec des actions commerciales en faveur des bons profils de clients en portefeuille. Par ailleurs, au niveau local, nous avons également assoupli les conditions de prolongation des contrats dans le domaine de la construction.

On constate des tensions entre des entreprises et des compagnies d’assurances sur l’indemnisation pour perte d’exploitation. Avez-vous intégré cette couverture dans votre portefeuille de mesures exceptionnelles pour permettre à vos assurés de rattraper les pertes engendrées par l’arrêt de leurs activités, même si elle ne figure pas dans les contrats d’assurance?

Nous mettons un point d’honneur à  remplir l’ensemble de nos obligations contractuelles. Dans ce sens, les contrats Risques d’entreprise prennent bien en compte les pertes d’exploitation  consécutives aux sinistres matériels garantis. Les pertes d’exploitation liées au Covid-19 n’étant pas contractuelles, leur couverture s’avère plus problématique. Cependant, nous pensons que l’ampleur de la pandémie et ses effets sur l’exploitation des entreprises ne manqueront pas d’alimenter les discussions de renouvellement et, au-delà, d’être un sujet crucial pour l’industrie de l’assurance dans le futur.

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