Le Groupe de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) a conclu jeudi un dialogue consultatif historique sur une Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD, anciennement NAFA), avec une feuille de route ambitieuse pour combler le déficit de financement du développement de l’Afrique.
Ce dialogue d’une journée, qui s’est tenu le 9 avril, a abouti à l’adoption unanime d’un « Consensus d’Abidjan » en 11 points sur la NAFAD. La NAFAD est conçue pour surmonter les obstacles structurels à la mobilisation des ressources à grande échelle, afin de combler le déficit de financement du développement de l’Afrique, qui s’élève à 400 milliards de dollars par an.
Parmi les engagements pris par les participants figure une résolution visant à débloquer la vaste épargne intérieure de l’Afrique et à la canaliser vers des investissements productifs sur le continent. Ils se sont également engagés à assurer une coordination continue et à procéder à des examens annuels afin de maintenir une dynamique soutenue et de suivre les progrès accomplis.
La Nouvelle architecture financière africaine pour le développement est un élément central de la vision stratégique des Quatre points cardinaux du président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah.
Le dialogue consultatif de jeudi, qui s’est déroulé à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a comporté neuf « laboratoires », au cours desquels un large éventail de parties prenantes du secteur financier africain, a réfléchi à la création d’instruments, de plateformes et de cadres concrets, en vue de la mise en place d’une nouvelle architecture financière pour le continent.
Ce dialogue s’est tenu sous le patronage du président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, représenté lors de la cérémonie d’ouverture par le Premier ministre ivoirien, M. Robert Beugré Mambé. D’autres responsables gouvernementaux, des membres du Corps diplomatique, des représentants d’organisations et d’agences internationales, entre autres, ont également assisté à l’événement.
« La conférence qui nous réunit aujourd’hui offre une réelle opportunité d’approfondir notre réflexion collective sur les réformes nécessaires à l’édification d’un système financier international plus juste et mieux adapté aux réalités du monde contemporain », a déclaré le Premier ministre Mambé au nom du président Ouattara.
Comme l’a dit Dr Ould Tah lors de la cérémonie d’ouverture, « l’architecture actuelle du financement du développement de l’Afrique est inadéquate et inadaptée », a-t-il déclaré. « La vérité est que nous ne souffrons pas d’un manque de capitaux : l’Afrique dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne à moyen et long terme. »
La NAFAD propose un cadre systémique visant à réorganiser la manière dont les capitaux et les risques sont déployés dans l’écosystème financier africain. Il se concentrera sur la mise en place d’une architecture de mise en œuvre permanente, la mobilisation et le déploiement des capitaux.
« Le passage de la NAFA à la NAFAD n’est pas seulement un changement sémantique ; il exprime surtout votre réelle détermination à surmonter les obstacles structurels à la mobilisation à grande échelle des ressources pour financer le développement de l’Afrique », a déclaré Dr Ould Tah dans son allocution de clôture.
Lors de la séance plénière d’ouverture, le professeur Carlos Lopes, économiste bissau-guinéen, a fait remarquer que le véritable obstacle à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine était le financement.
« Pendant des décennies, l’Afrique a travaillé avec ses partenaires au développement, et les financements concessionnels ont joué un rôle, en particulier pour les pays les plus vulnérables. Mais nous avons aussi constaté ses limites. Il n’a jamais été conçu pour financer la transformation à grande échelle ».
Le dialogue a attiré des participants issus d’un échantillon représentatif des secteurs financiers. Parmi eux figuraient des gouverneurs de banques centrales africaines, des cadres dirigeants de fonds souverains, de banques régionales et commerciales, de banques nationales de développement et d’institutions de financement du développement.
Cette participation large et représentative reflète la nature systémique du défi financier que le dialogue cherche à relever.
Dr Ould Tah a félicité les participants pour leur engagement total dans les discussions et leur maîtrise des sujets abordés.
« Vous nous avez permis d’obtenir des résultats qui dépassent largement les attentes initiales. C’est un moment historique : le Consensus d’Abidjan, accueilli avec un immense enthousiasme, redéfinit l’avenir du financement sur notre continent », a-t-il déclaré.
« En cimentant l’unité de l’écosystème financier africain sur les rives de la lagune Ébrié, cet accord confère à la NAFAD la légitimité et l’assise nécessaires à la réalisation des ambitions de nos “Quatre points cardinauxˮ ».
Le Consensus d’Abidjan a été présenté aux délégués par Souleymane Diarrassouba, ministre ivoirien du Plan et du Développement.
Distribué par APO Group pour African Development Bank Group (AfDB).
Images : Flickr
Contact médias :
Amba Mpoke-Bigg,
Département de la communication et des relations extérieures
media@afdb.org
À propos du Groupe de la Banque africaine de développement :
Groupe de la Banque africaine de développement est la principale institution du financement du développement en Afrique. Il comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). Représentée dans 41 pays africains, avec un bureau extérieur au Japon, la Banque contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 Etats membres régionaux.
Pour plus d’informations : www.AfDB.org



