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La science vecteur de croissance

«La Science et la technologie possède la capacité de transformer le désert du Sahara en un vaste champ verdoyant de végétation pour notre développement agricole et industriel», le président Kwame Nkrumah était parfaitement conscient de l’impact des sciences dans le développement de l’Afrique, lorsqu’il prononçait cette phrase dans le premier discours lors du Sommet de la fondation de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) le 24 mai 1963, à Addis-Abeba en Ethiopie.

Plus de 50 ans après, sa conviction reste plus que jamais d’actualité. Plusieurs pays africains ont compris que la science, la technologie, et l’innovation (STI) sont indispensables pour aspirer à l’émergence dans les vingt, voire trente prochaines années, à travers la création de richesses, le renforcement de l’équité sociale et l’intensification du développement durable. Certains d’entre eux développent de gigantesques programmes scientifiques, particulièrement l’Afrique du Sud et le Rwanda, et le Ghana. La Nation-arc-en ciel a investi d’importantes ressources dans la recherche universitaire, tandis que « le pays des mille collines » a misé plusieurs ressources dans la formation de ses futurs cadres, avec notamment l’adoption depuis 2012, d’une politique publique qui consiste à attribuer 70% des bourses universitaires aux étudiants inscrits dans les filières de la science et la technologie. Déjà, dès le secondaire, les meilleurs élèves des disciplines scientifiques bénéficient de bourses pour poursuivre leurs études en sciences ou sciences de l’ingénieur aux Etats-Unis, grâce au Programme présidentiel des bourses lancé en 2006. Que dire du Ghana qui compte pas moins de dix écoles polytechniques, une dans chaque région administrative, et vingt-trois instituts de formation professionnelle et technique.

Toutefois, les investissements consacrés à la recherche et développement (R&D) demeurent insuffisants. Le Kenya et l’Afrique du Sud sont les bons élèves en la matière avec respectivement 0,79% et 0,73% du PIB consacrés aux dépenses intérieures de recherche et développement (DIRD). En Afrique de l’Ouest, le Mali (0,66%) et le Sénégal (0,54%) sortent du lot et se rapprochent de l’objectif d’1% fixé par l’Union africaine.

La collaboration scientifique entre chercheurs africains n’est pas très poussée, ce qui constitue un handicap non négligeable pour le développement des projets scientifiques conjoints à l’échelle continentale. Seuls 4 ,1% des articles publiés par des scientifiques africains ont été rédigés en collaboration avec des auteurs du continent entre 2005 et 2007, et 4,3% entre 2008 et 2010, selon un rapport sur la production scientifique dans l’Union africaine entre 2005 et 2010 publié par l’Observatoire africain pour la science, la technologie et l’innovation.
Il est heureux de constater que d’importants programmes ont été mis en place par l’Union africaine et des organisations sous- régionale comme la CEDEAO, l’UEMOA et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour promouvoir la science, la technologie, et l’innovation (STI). La «Stratégie Science, technologie et innovation pour l’Afrique» (STISA-2024) adoptée en 2014 par l’Union africaine ambitionne d’accélérer la transition du continent vers une économie fondée sur le savoir et l’innovation d’ici 2063.

Ce large focus démontre, si besoin en est, que la science sera le tremplin pour faire décoller l’Afrique, et en faire l’une des régions les plus riches en innovations.

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