Adapter la présence de la MINUSCA aux besoins de protection, consolider les progrès enregistrés et répondre aux vulnérabilités persistantes: tels ont été les principaux messages de la conférence de presse consacrée à la situation du Haut-Mbomou, animée par le sous-préfet d’Obo, Roger Sodji, et le chef du bureau de la MINUSCA à Obo, Jean-Émile Nkiranuye.
Engagée depuis la fin de 2025, la reconfiguration du dispositif de la MINUSCA vise à concentrer les ressources dans les zones où les menaces demeurent élevées, notamment les frontières et les couloirs de transhumance, tout en consolidant les acquis dans les régions plus stables. Cette adaptation accompagne la montée en puissance des forces nationales et doit s’appuyer sur une présence effective de l’État et des services publics. Après Paoua le 30 septembre et Bangassou le 2 octobre, la Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, poursuit le 7 octobre à Bria sa tournée d’évaluation de cette reconfiguration.
À Bangassou, Mme Rugwabiza a appelé à la libération immédiate et inconditionnelle des otages enlevés à Bambouti en décembre 2025. Faisant écho à cet appel, le sous-préfet d’Obo a rappelé qu’une de ses collègues, enlevée le 28 décembre, demeure captive. «Nous cherchons, avec l’ensemble des acteurs concernés, les meilleures voies pour parvenir à la libération de nos compatriotes », a-t-il déclaré. Les efforts de dialogue et de médiation se poursuivent avec l’appui des autorités, de la MINUSCA, des forces de sécurité et des leaders communautaires.
Les intervenants ont relevé plusieurs évolutions positives : baisse des incidents sécuritaires, retour progressif des réfugiés et déplacés, reprise des activités économiques et réinsertion volontaire d’anciens combattants. Les patrouilles conjointes entre la MINUSCA et les Forces armées centrafricaines, les mécanismes communautaires de paix et l’engagement des nouveaux élus contribuent à cette dynamique.
Depuis 2014, la MINUSCA a mis en œuvre 61 projets dans le Haut-Mbomou, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau et des infrastructures publiques. À Zémio et à Obo, 700 personnes participent actuellement à des activités d’assainissement urbain, de réhabilitation de routes et de nettoyage d’établissements scolaires, contribuant à l’amélioration du cadre de vie et à la préparation de la rentrée scolaire.
Malgré ces avancées, des défis subsistent. L’insécurité persiste sur certains axes et dans des zones frontalières insuffisamment couvertes par les forces nationales. À Djemah, les difficultés d’accès et l’insuffisance du dispositif sécuritaire continuent de compliquer le déploiement des fonctionnaires. La rentrée scolaire demeure progressive en raison du manque d’enseignants, les autorités locales appelant à une meilleure planification des affectations.
Face à ces vulnérabilités, la MINUSCA et les autorités nationales misent sur le renforcement de la présence de l’État, l’amélioration de la mobilité des forces de sécurité et la poursuite des patrouilles conjointes. « Nous passons de plus en plus d’une présence statique à une présence mobile », a expliqué Jean-Émile Nkiranuye, évoquant le recours croissant à des patrouilles de longue portée au plus près des communautés. Répondant aux questions de la presse à ce sujet, les intervenants ont également appelé au respect des opérations humanitaires et de la liberté de mouvement des acteurs humanitaires.
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