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AgriPME: Le porte-monnaie électronique des paysans

Fini les tracasseries dans la distribution des subventions aux agriculteurs. Le gouvernement togolais, grâce à l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), a intégré les technologies. Le projet «Agri PME» transforme le téléphone mobile, même si basique, des agriculteurs en un véritable porte-monnaie électronique.

Les dotations accordées par l’État togolais sont désormais converties en monnaie électronique puis individuellement attribuées aux agriculteurs vulnérables ciblés. C’est l’une des innovations apportées par le projet « Agri PME » lancé en décembre 2016 par le ministère des Postes et de l’Économie numérique du Togo, grâce à un financement à hauteur de 1,2 milliard de francs CFA de la Banque africaine de développement (BAD).

Chaque agriculteur identifié comme vulnérable reçoit, directement, sur son téléphone portable l’équivalent de 9.000 francs CFA, quel que soit le jour ou l’heure. Ce montant est ensuite dépensé pour l’achat de sacs d’engrais, exclusivement auprès de l’un des distributeurs agréés du pays. En amont, des techniciens ont créé, pour chaque agriculteur, un porte-monnaie électronique rattaché au numéro de téléphone sur lequel sera crédité le montant de la subvention. L’objectif à long terme étant de proposer des conditions favorables au travail des agriculteurs grâce aux opportunités qu’offre le numérique. D’après le ministère, «l’ensemble des moyens déployés a d’ores et déjà permis l’identification de plus de 76.522 agriculteurs vulnérables. Parmi eux, 25.646 ont effectué des achats d’engrais grâce à leur porte-monnaie électronique au 24 août 2016», précise-t-il.

Connaître en temps réel l’état du marché
La démonétisation du paiement de la subvention rend les transferts plus sûrs, plus simples et plus transparents. « Agri PME » facilite la traçabilité dans le processus, faisant de la subvention une dépense plus ciblée, et donc plus efficace ; aide à limiter le nombre d’intermédiaires et encourage l’utilisation des subventions aux fins pour lesquelles elles sont octroyées.
De plus, la numérisation des données permet de connaître en temps réel l’état du marché ainsi que la disponibilité des stocks d’engrais dans le pays. Les données recueillies auprès des agriculteurs permettent de connaitre le secteur et question et ses besoins. D’après le ministère, l’âge, le sexe, la localisation, la superficie cultivable ou bien encore les semences choisies «sont autant d’informations permettant aux pouvoirs publics de mieux répondre aux besoins et préoccupations des populations rurales». Cela aide à mieux cerner le secteur, être informé des opportunités qu’il offre et promouvoir la modernisation de ce secteur primaire qui contribue à 39% de la richesse nationale et occupe 70% de la population.

Par Sylvio Combey

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