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Commerce illégal du bois: le Cameroun perd près de 7 milliards de FCFA par an

La principale destination de ce bois est la Chine avec qui le Cameroun n’a pas signé d’accord de partenariat volontaire visant à lutter contre l’exploitation illégale de ses forêts, comme c’est le cas avec l’Union Européenne.

Selon le directeur régional du Réseau de surveillance du commerce de la faune et de flore sauvages Traffic pour le littoral, Paulinus Ngeh , les investissements chinois dans le secteur forestier du Cameroun ont augmenté de façon exponentielle, ces dernières années, et d’importantes quantités de bois et de produits forestiers non ligneux sont exportées vers la Chine et d’autres pays asiatiques. La cartographie des investissements forestiers et du commerce du bois impliquant des entreprises chinoises au Cameroun obtenu au ministère de la flore et de la faune montre que: 8% des entreprises opèrent avec un partenariat chinois, 11% sont des entreprises chinoises, 38%des exportations des entreprises vers la Chine avec un partenariat non identifié et 43%sont des vendeurs nationaux potentiels avec un partenariat chinois non identifié.

Par ailleurs, le rapport publié par cette ONG montre que des 159 entreprises d’exploitation du bois exerçant au Cameroun, 19 sont totalement ou partiellement financées par des investissements chinois, tandis que 14 fonctionnent avec des fonds issus des partenariats avec la Chine. En dépit du fait que le nombre de compagnies, bénéficiant des investissements directs de la Chine, apparaissent faibles ; près de 59 entreprises, y compris la majorité de celles appartenant aux Européens, sont aujourd’hui impliquées dans l’exportation du bois vers la Chine. Par ailleurs, 67 autres compagnies, qui n’exportent nullement à l’international, excellent dans la vente de leur production aux entreprises chinoises, qui les exportent après vers l’Empire du milieu.

Alors que 43% des entreprises chinoises ne se sont spécialisées que dans l’exportation des bûches entre 2009 et 2014, 39% ont exporté des bûches et sciages ; et 19% ont vendu à la Chine des sciages. Sur la même période, 14% d’entreprises non chinoises ont exporté des bûches vers la Chine, 27% l’ont fait pour les sciages, et 59% ont fait les deux.

Tout compte fait, selon l’ONG Traffic, sur les 737 684,5m3 de bois exportés par le Cameroun entre 2009 et 2014, 258 624 m3 de bois (35,1% du total des exportations) ont été exportés vers la Chine. Problème : ces exportations ne sont pas toujours faites dans les règles de l’art. Il n’ya pas de certitude absolue sur la légalité du bois exportés. C’est que il n’existe aucun accord juridique sur la commercialisation du bois entre le Cameroun et la Chine dans ce secteur, contrairement, à l’Union européenne avec qui le Cameroun a signé l’Accord de partenariat volontaire pour la gouvernance des forêts et les échanges commerciaux (APV-FLEGT) qui lie les deux parties depuis décembre 2011.

Sur le terrain, un déficit d’informations rendent difficiles le travail de contrôle et de surveillance des agents du ministère des Forêts et de la faune (Minfof), ainsi que toutes les agences gouvernementales. Conséquence, sept milliards de FCFA de pertes annuelles des suites de vente illicite du bois issus des forêts camerounaises.

Au Minfof, on dit travailler dans le sens d’harmoniser régulariser ces échanges. Mais déjà, des initiatives privées sont prises. C’est le cas de l’ONG Traffic qui a décidé d’élaborer un manuel de formation sur la légalité du commerce du bois du Cameroun ; dans le cadre d’un projet financé par le Département britannique pour le développement international (DFID). Un projet intitulé : «Renforcer les actions du gouvernement et de l’industrie chinoise pour réduire le bois illégal dans les chaînes d’approvisionnement en bois originaires du Cameroun».

Par Cathy Koum

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