Afrobarometer

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La pauvreté vécue demeure élevée dans les pays africains, une majorité de citoyens ayant manqué de besoins primaires tels que la nourriture, l’eau potable et les soins médicaux, selon le dernier Profil Panafricain d’Afrobarometer (https://apo-opa.co/4ix39EV).

S’appuyant sur des enquêtes représentatives à l’échelle nationale menées dans 38 pays africains, l’analyse révèle qu’un niveau modéré ou élevé de pauvreté vécue touche, en moyenne, six citoyens sur 10, une proportion qui atteint plus de huit sur 10 au Tchad et au Gabon.

Après s’être continuellement aggravés entre 2014 et 2023, les niveaux de pauvreté vécue ne montrent aucun signe d’amélioration dans la dernière vague d’enquête. De nombreux répondants indiquent avoir dû recourir à des réseaux de soutien informels, tels que la famille, les amis ou des organisations communautaires pour réussir à joindre les deux bouts.

Les résultats révèlent également que la pauvreté vécue est associée à des difficultés d’accès aux services publics essentiels, notamment les soins de santé, l’assistance policière et les documents administratifs. Par ailleurs, les personnes confrontées à un niveau élevé de pauvreté vécue sont moins susceptibles de posséder un compte bancaire, alors que les services de paiement mobile demeurent relativement accessibles, quel que soit le degré de pauvreté vécue.

Résultats clés

  • En moyenne, à travers 38 pays africains, huit citoyens sur 10 (79%) déclarent qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont manqué de revenus en espèces au moins une fois au cours de l’année écoulée ; parmi eux, 43% indiquent que cela s’est produit « souvent » ou « toujours » (Figure 1).
    • Deux tiers (65%) ont dû se passer de médicaments ou de soins médicaux nécessaires, et des majorités ont manqué d’eau potable (57%), de nourriture (58%)[1] et de combustible pour la cuisson (52%).
  • A travers les 30 pays étudiés à la fois en 2014/2015 et en 2024/2025, la proportion de citoyens confrontés à un niveau modéré ou élevé de pauvreté vécue a augmenté de 13 points de pourcentage, passant de 47% à 60% (Figure 2).
    • Les taux de pauvreté vécue modérée ou forte, varient considérablement d’un pays à l’autre, allant de 7% aux Seychelles à 86% au Tchad.
  • Près de la moitié (47%) des répondants indiquent avoir dû solliciter l’aide de membres de leur famille au cours de l’année précédente pour joindre les deux bouts, tandis que 33% ont eu recours à l’aide d’amis ou de voisins, et 12% ont sollicité le soutien de groupes religieux, communautaires ou caritatifs (Figure 3).
  • La pauvreté est aggravée par un accès restreint aux services essentiels. Les citoyens les plus démunis sont environ deux fois plus susceptibles que les plus aisés de déclarer avoir éprouvé des difficultés à accéder à des soins de santé, à obtenir un document d’identité officiel ou à solliciter l’aide des forces de l’ordre (Figure 4).
  • Les citoyens pauvres sont deux fois moins susceptibles que leurs homologues plus aisés de détenir un compte bancaire (40% contre 83%). En revanche, la possession d’un compte mobile money est très répandue et demeure relativement constante quel que soit le niveau de revenu : Elle s’établit à 69% chez les plus pauvres et à 71% chez les plus riches (Figure 5).

Les enquêtes Afrobarometer

Afrobarometer est un réseau panafricain et non partisan de recherche par sondage qui fournit des données fiables sur les expériences et les évaluations des Africains en matière de démocratie, de gouvernance et de qualité de vie. Dix rounds d’enquêtes ont été réalisés dans un maximum de 45 pays depuis 1999. Les enquêtes du Round 10 (2024/2025) couvrent 38 pays.

Les Partenaires Nationaux d’Afrobarometer conduisent des entretiens en face à face dans la langue choisie par les répondants. Des échantillons de 1.200 à 2.400 adultes permettent d’obtenir des résultats nationaux avec une marge d’erreur de +/-2 à +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%. Les marges d’erreur sont plus importantes pour les analyses de sous-groupes (par exemple, les groupes démographiques) en raison de la taille plus réduite des échantillons. Pour en savoir plus sur notre méthodologie d’échantillonnage, cliquez ici (https://apo-opa.co/4ip29DR).


[1] En raison des arrondis, les pourcentages relatifs aux catégories regroupées, tels qu’indiqués dans le texte, peuvent différer légèrement de la somme des sous-catégories présentées dans les graphiques (par exemple, pour l’alimentation, 19% « souvent/toujours », 21% « quelques fois » et 17% « une ou deux fois seulement » donnent un total de 58%).

Distribué par APO Group pour Afrobarometer.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Hassana Diallo
Chargé des communications d’Afrobarometer pour l’Afrique francophone
Téléphone : +221 77 713 72 53
Email : hdiallo@afrobarometer.org

Visitez-nous sur www.Afrobarometer.org.

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