DOSSIER

L’Asie en 2050 : Comme il y a 5 siècles

Il y a cinq siècles, vers les années 1500 (XVIéme siècle), le continent Asiatique était le centre de gravité de l’économie mondiale (la Route de la Soie), avant que la première révolution industrielle (1765-1845) ne le transférât vers l’Europe (Angleterre et France), puis plus davantage à l’Ouest, vers l’Amérique, avec la seconde révolution industrielle (1896- 1929) suivie de la révolution informatique qui a démarré depuis la fin du XXéme siècle (1980) et qui est toujours en cours, un peu partout dans le monde.

Depuis 40 ans, le continent Asiatique est entrain de redevenir, lentement mais sûrement, ce qu’elle fut il y a 5 siècles, le centre d’ancrage de l’économie régionale et mondiale. Ironie du sort, c’était grâce au Commerce mondial (Route de la Soie) que l’Asie était le point de convergence de l’économie mondiale, c’est grâce à la Mondialisation- le Commerce mondial- que l’Asie est entrain de récupérer sa place que l’Industrialisation- l’industrie- lui avait ravie. La Route de la Soie, un avant-goût de la Mondialisation… La trajectoire de l’Asie ces 40 dernières années est un hymne à l’audace, à la vision et à la volonté, bâties sur des valeurs.

Le tout, sous fond de contradictions et de miracles. Le continent de toutes les disparités Le continent Asiatique (Asie de l’Est et du Pacifique, Asie du Sud et Asie Centrale) est une région vaste et hétérogène, physiquement, socialement, politiquement et économiquement. Il comprend certaines des économies les plus compétitives et les plus sophistiquées au monde comme le Japon, Hong Kong, la Chine, Singapour, la Corée du Sud et l’Inde et, des économies en passe de devenir des acteurs mondiaux importants comme l’Indonésie et le Viêt-Nam. Mais aussi, de nombreux pays sous-développés et dont les économies sont fragiles comme l’Afghanistan, le Népal et de nombreuses îles du Pacifique. Au- delà de ces écarts, la vitesse et l’ampleur du progrès économique et social de l’Asie sont indéniables au cours des 40 dernières années. Education, éthique du travail et sens élevé du bien commun En dépit de sa diversité géographique, politique, linguistique et culturelle, les nations du continent asiatique partagent une vision commune: la poursuite d’un développement économique et social rapide.

En ce sens, les nations asiatiques se sont construites en accordant une place de choix à l’éducation, à l’éthique du travail et au sens élevé du bien commun. Pourtant, contrairement aux nations Européennes, les nations Asiatiques ne sont liées ni par une histoire commune, ni par la culture, ni par la religion ou le patrimoine. Les Asiatiques, comme les Africains à beaucoup d’égards, parlent des dizaines de langues, sans une racine commune comme le grec ou le latin, la base de la plupart des langues européennes. Souvent, les différents pays d’Asie ont des liens économiques et sociaux plus étroits avec des pays en dehors de l’Asie qu’avec ceux de la région (Chine, Inde, Japon). Quand le Japon montre la voie La possibilité d’une croissance économique rapide et la capacité de se relever des pires traumatismes, ont été démontrées par la transformation du Japon en un pays riche en l’espace d’une génération (25 ans). Un exploit imité par la Corée du Sud, Taïwan, la Chine, Hong Kong, et Singapour. La Malaisie et la Thaïlande, jadis parmi les pays les plus pauvres, sont devenues des pays à revenu moyen-supérieur. Et deux des plus grands pays de la région, la Chine et l’Inde, progressent à un rythme impressionnant et feront partie des 3 premières puissances économiques mondiales à partir de 2025 selon les projections du FMI. Il n’est donc pas surprenant que toute l’Asie, en dépit de son hétérogénéité, aspire à imiter ces exemples de réussite. Les contradictions de l’Asie Lorsque l’on considère les perspectives économiques et sociales de l’Asie, il est important de garder présent à l’esprit, les nombreux paradoxes qui existent dans la région. Bien qu’elle soit la région ayant la plus forte croissance dans le monde (en moyenne 8%), l’Asie abrite encore près de la moitié de l’absolue pauvreté du monde, avec un revenu par habitant de moins de 1,25 $ US par jour. L’Asie est devenue la plaque tournante mondiale de la fabrication et des services de technologie de l’information. Pourtant, un grand nombre de ses habitants est analphabète ou au chômage. D’un côté, le vieillissement de la population est un sujet préoccupant au Japon, en Corée du Sud, en Chine, au Pakistan et aux Philippines. De l’autre, en Asie Centrale, les taux de croissance démographique sont élevés. La région est un foyer de l’épargne et le plus grand prêteur net pour les pays développés, mais son secteur financier est sousdéveloppé comparé à l’Europe ou aux Etats-Unis. Le miracle asiatique À bien des égards, la région attire toutes les attentions. L’Asie est en plein essor. Sur de nombreux aspects, ce XXIeme siècle semble bien être celui de l’Asie. Pour preuve, les revenus en Asie ont atteint près de 5000 $ en parité de pouvoir d’achat en 2010, en croissance de 9,4% par an au cours de la décennie 2001- 2010. Les taux d’investissement ont atteint des sommets, avec une moyenne de 35% du PIB au cours de la décennie. Ce qui suggère une grande confiance dans l’avenir de la région. La croissance annuelle moyenne des exportations a été de 11,4% sur la même décennie. Les entrées nettes de capitaux privés dans la région ont été en moyenne de 83 milliards de dollars par an. La dette extérieure de la région est tombée à 14,5% du PIB. Les réserves de change de l’ordre 3,5 mille milliards de dollars ont été placées dans les pays en développement, principalement aux Etats-Unis. L’Asie devient de plus en plus une région à revenu intermédiaire. Selon le FMI, seuls sept pays asiatiques avaient un revenu par habitant de moins de 1000 $ en 2010. De par sa résilience à la grande récession de 2007- 2009, l’Asie démontre qu’elle est une puissante économie.

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