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Quand le coronavirus stimule l’intelligence collective

A quelque chose malheur est bon. Le coronavirus confirme ce célèbre adage en Afrique. Contrairement aux prédictions alarmistes, le continent démontre une incroyable capacité de résilience face à cette pandémie. Loin des chiffres effarants et intrigants venus d’ailleurs, les pays africains parviennent, avec les moyens du bord, à gérer ce cas de force majeure au point de susciter moult interrogations dans l’Hexagone.

En parallèle, de nombreux Etats mettent en place des initiatives pour survivre au Covid-19. La digitalisation des services administratifs en est une parfaite illustration. Au-delà de son aspect préventif, elle permet à nos administrations, caractérisées par des lenteurs indicibles, de divorcer avec l’archaïsme pour épouser les contours du numérique. Au grand bonheur des usagers ! Les Conseils de ministres organisés en mode visioconférence apportent une touche d’innovation supplémentaire à cette e-gouvernance.

L’e-learning, qui jusque-là n’avait connu qu’un déploiement parcellaire, est devenu la norme. Les plateformes d’apprentissage à distance lancées par les ministères concernés ou en collaboration avec des entrepreneurs locaux permettent aux élèves et étudiants de suivre leurs cours sans bouger de leur fauteuil et sans quitter leur domicile, grâce à la magie du Net. Ceux qui habitent dans des zones éloignées ou n’ayant pas accès à ces sites peuvent prendre des notes à travers les cours-vidéos animés par des professeurs et diffusés sur les chaînes publiques et privées. Le Maroc et le Sénégal notamment proposent cette alternative. Dakar souhaite même aller plus loin avec la création d’une télévision scolaire, fruit d’un partenariat entre le ministère de l’Education nationale, la télévision nationale RTS1 et l’Université virtuelle du Sénégal.

A cette e-école, se greffe une batterie d’innovations qui s’extirpent des laboratoires. De la fabrication de gels hydroalcooliques à la création de robots automatiques en passant par les respirateurs et ventilateurs artificiels… autant de prouesses qui mettent sous le feu des projecteurs le génie souvent méconnu ou ignoré de nos établissements supérieurs.

Que dire de la conscience citoyenne spontanée pour vaincre ce virus ! En témoignent les nombreuses créations frugales et séduisantes comme les machines automatiques de lave-mains installées dans les quartiers par des entrepreneurs ou simples bénévoles, ou les masques en tissu confectionnés par nos talentueux artisans.

En outre, l’interdiction des surcharges dans les moyens de transport en commun limite les accidents et préserve l’humain au détriment de l’excès de gain. L’annulation de forums, foires ou conférences internationales, dont la plupart sont des rendez-vous en trompe-l’œil, permet aux Etats africains d’optimiser leurs budgets et de privilégier les dépenses efficientes. Les importantes contributions financières des entreprises du secteur privé dans les fonds de solidarité démontrent qu’elles ont un grand rôle à jouer dans la transformation socio-économique de nos pays à travers le volet RSE.

Finalement, le Covid-19 nous prouve qu’en Afrique, quand on veut on peut. L’exception est devenue la règle. Vivement qu’elle se pérennise !

Par Élimane sembène

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