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Sénégal: les services financiers digitaux, un marché à forte croissance

Wari n’est pas le seul fournisseur de services financiers digitaux sur le marché sénégalais. Il existe trois autres acteurs qui détiennent des parts de marché non négligeables. Un marché concurrentiel où la majorité des agents distributeurs collaborent avec différents fournisseurs.

Au Sénégal, le marché de la distribution des services financiers digitaux est en pleine croissance. C’est l’une des révélations de l’étude «Accélérateur de réseaux d’argents» publié le 18 mai 2016 par le programme Mobile Money for the Poor (MM4P) du Fonds d’équipement des Nations unies qui contribue à l’accomplissement des Objectifs du Millénaire pour le développement dans les pays les moins avancés (UNCDF) en collaboration avec l’Institut Helix de Finance digitale.
D’après les résultats de cette étude réalisée entre novembre et décembre 2015, Wari est l’acteur le plus présent sur le marché (34% des points de vente du pays) des services financiers digitaux au Sénégal «sans pour autant jouir d’un monopole de marché». Il est suivi par «Joni Joni» créé en 2013 (25%), Orange money (20%) et Tigo (11%). Les autres parts oscillant entre -1 et 3% sont détenues par des fournisseurs de moindre acabit. Le rachat de l’opérateur Tigo devrait permettre à Wari de renforcer sa présence.

D’importants volumes de transactions
Sur les 1.200 agents sondés, 66% distribuent les services des quatre premiers fournisseurs, car «plus les agents servent de fournisseurs, plus ils sont performants». D’après l’étude, ces agents effectuent d’importants volumes de transactions avec en moyenne 35 transactions par jour, pour tous les fournisseurs confondus ; «un volume de transactions comparable aux marchés avancés d’Afrique de l’Est». Mieux, ils réalisent un profit moyen (différence entre revenu moyen et coût moyen) de 146 dollars par mois contre 92 dollars en PPA (méthode utilisée en économie pour établir une comparaison entre pays du pouvoir d’achat des devises nationales) pour les agents exclusifs, «parce qu’ils sont en mesure de cumuler davantage de revenus sans augmenter nécessairement leurs charges opérationnelles». Les agents ruraux effectuent le plus grand nombre d’opérations avec en moyenne 40 transactions par jour. Pour rappel, la régulation de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) interdit aux fournisseurs d’imposer le statut d’exclusivité aux agents. Les transferts d’agent se taillent la part du lion avec en moyenne 15 transactions par jour. «Seulement 6% du volume journalier de transactions ne sont pas traités par défaut de liquidités».
Selon le rapport, chaque fournisseur doit encourager son réseau à faire davantage de transactions en offrant des commissions attractives, mais seuls 39% des agents se disent «assez» ou «très satisfaits» de leur niveau de rémunération. L’étude n’a pas révélé le montant de ces commissions ainsi que celles reçues par les fournisseurs, mais d’après certaines informations, ces derniers pourraient recevoir 10% sur chaque transaction.

Par Elimane Sembène

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