ÉCONOMIE

Technologie : L’Afrique pas très connectée à la 4e révolution industrielle

Le capital humain et la gouvernance sont des facteurs essentiels pour permettre aux Etats africains de faire face aux défis de la quatrième révolution industrielle, selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD).

La quatrième révolution industrielle (4RI) n’est plus une illusion, elle est devenue une réalité de cette nouvelle ère. L’émergence de technologies de pointe, à l’instar de l’Intelligence artificielle (IA), a repoussé les limites de l’imaginable. L’Afrique devrait avoir certaines prédispositions pour ne pas rester en marge de cette 4RI. C’est en substance le message véhiculé par la Banque africaine de développement (BAD) dans son rapport intitulé « Libérer le potentiel de la quatrième révolution industrielle en Afrique ».

Le chantier reste encore énorme sur le continent. Seuls cinq pays, en l’occurrence l’Ile Maurice, l’Afrique du Sud, la Tunisie, le Ghana et le Botswana, disposent du potentiel nécessaire pour faire face aux défis de cette révolution technologique, grâce à un capital humain bien formé dans le domaine des technologies et des infrastructures technologiques répondant aux normes, et des politiques étatiques qui favorisent le développement de cette quatrième révolution industrielle.

Le rapport révèle en outre que l’internet des objets (IOT) et le big data sont les technologies les plus utilisées en Afrique, à côté de l’impression 3D, l’Intelligence artificielle (IA), les drones et la blockchain, dans une moindre mesure. Plusieurs jeunes entrepreneurs africains utilisent ces technologies pour proposer des solutions innovantes. 712 startups technologiques, sur les 6500 dénombrées sur le continent en 2019, développent des applications 4RI, soit environ 10%. Elles ont même bénéficié d’investissements en capital-risque de 210 millions de dollars. « Les technologies de quatrième révolution industrielle vont permettre aux Etats africains de faire face aux défis dans plusieurs domaines, tels que l’agriculture, les services, le secteur manufacturier, l’éducation, l’énergie et la santé. Et ainsi de booster l’activité économique du continent qui ne représente que 4% du PIB mondial », souligne Stefan Nalletamby, directeur du département du développement des marchés financiers à la BAD.

L’augmentation de la démographie pourrait être un atout de taille pour stimuler l’innovation dans les pays africains. « L’importante population africaine, qui devrait doubler d’ici 2050 pour atteindre 2,4 milliards d’individus, présente à la fois une source de données pour alimenter l’innovation dans les technologies 4IR ainsi qu’un marché précieux. Il existe une marge de croissance du côté de l’offre, car les produits et services proposés en Afrique se situent bien en dessous des niveaux de demande estimés », indique la BAD, qui précise qu’outre le capital humain, la gouvernance, les politiques publiques, la réglementation et les programmes de soutien à l’entrepreneuriat, à l’innovation et à l’accès au financement sont des facteurs essentiels pour être au diapason de cette 4e révolution industrielle.

Par Baye Sakho

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